Réseau du Forum mondial des
Autorités Locales de Périphéries

POUR DES MÉTROPOLES SOLIDAIRES
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Atelier 4 : Aménagement du territoire : quelles ambitions des périphéries dans les métropoles ? Quelles politiques de développement durable ?

Les périphéries sont souvent des territoires de renouvellement urbain : Quels aménagement y concevoir selon quels choix ? Ceux de la spéculation immobilière ou ceux des besoins sociaux et humains ? Comment produire, avec les citoyens, des villes vivables et durables ?

Participent à l’atelier :

Joseph ROSSIGNOL, maire de Limeil-Brévannes – Métropole de Paris ;

Frédéric DUFAUX, Mosaïque / UMR LOUEST – Université Paris X Nanterre ;

Jacques PERREUX, Vice-président du Conseil général du Val-de-Marne – Métropole de Paris ;

Magnolia AGUDELO, maire de Sumapaz – District de Bogota, Colombie ;

Lenka KOCHANOVA, déléguée Cités Unités Slovaqui.

Modérateur : Eric FLAMAND, responsable développement durable DEXIA Crédit Local

Eric FLAMAND

Dexia Crédit Local dispose depuis plusieurs années d’un observatoire des pratiques de développement durable des villes, notamment au travers de l’opération Les rubans du développement durable.

Sur la base des informations qui remontent par ce biais, nous avons pu identifier une typologie des différentes problématiques et situations rencontrées : 

·      La réhabilitation des centres « menacés » par leur périphérie

Un certain nombre de projets de collectivités, parfois suite à une crise sociale et industrielle, visent à dépolluer les friches et équipements industriels et à réhabiliter les centres-villes pour endiguer la fuite massive des habitants en périphérie. Dans de nombreuses villes, comme Nantes par exemple, on constate que la part de l’activité commerciale en centre-ville est de plus en plus réduite au profit des centres commerciaux de la périphérie. Dans ces cas de figure, la périphérie est vécue comme une source de fragilisation ou de « menace » du centre-ville.

·      La revitalisation de quartiers en périphérie

Il s’agit là de l’un des sujets majeurs de ces dernières années, dont les événements récents au cœur des banlieues illustrent l’ampleur. La revitalisation de ces quartiers repose sur des programmes lourds et complexes de réhabilitation urbaine, passe par le développement des services de proximité, un meilleur accès aux services publics et l’insertion sociale et professionnelle des habitants.

·      La mobilité entre le centre et sa périphérie

Les politiques locales, notamment par le biais des PDU et agendas 21, soulignent l’enjeu d’une meilleure organisation des déplacements dans la ville et entre la ville-centre et la périphérie. Outre le transport public, la réflexion porte sur la place des piétons, le stationnement de proximité et le renforcement des synergies entre villes-centres et périphéries.

·      Des politiques de développement durable de plus en plus intégrées

Ces politiques touchent à la fois le centre et la périphérie. Il s’agit, pour les villes et leur agglomération, de mettre en cohérence les différentes compétences et obligations de la collectivité, et d’assurer le maillage entre les différents dispositifs en matière d’habitat et de déplacement (PLU, PDU, PLH, SCOT…). Ces politiques intègrent également la lutte contre l’isolement (des jeunes, des personnes âgées…) et le renforcement de la mixité sociale, ainsi que la redécouverte d’un patrimoine architectural et industriel source d’attractivité de ces territoires.

Magnolia AGUDELO

La transformation des conditions sociales actuelles, la durabilité et le rôle social et politique des travailleurs et travailleuses gagnent en importance en Amérique latine et plus particulièrement, maintenant, à Bogota, en Colombie.

Avec la conviction que le développement n’est possible qu’à l’aide de politiques garantissant la durabilité de l’écosystème, il a été conçu à Bogota une politique de préservation de l’environnement.

La localité rurale de Sumapaz est la plus grande réserve d’eau du pays. Elle s’étend sur 88 000 hectares, soit 48 % du territoire de Bogota, et se situe au sud de la capitale, au centre du plus vaste páramo (écosystème humide d’altitude) du monde, appelé « páramo de Sumapaz ». Celui-ci, qui se caractérise notamment par une forêt humide (bosque de niebla), garantit la conservation de l’eau. Ses habitants ont une tradition de résistance sociale et d’organisation paysanne, ancrées dans une culture de paix et de cohabitation que l’État se doit de préserver, compte tenu des conditions de vie sociale et institutionnelle précaires de cette population. Par conséquent, l’administration de Bogota a affirmé la nécessité d’établir, dans le cadre du Plan de développement, les conditions élémentaires à la défense des droits de l’homme, notamment les droits à la santé et à l’éducation, ainsi que d’autres droits définis par la constitution, en assurant une répartition équitable des richesses, ainsi que la participation démocratique de la communauté à la vie sociale et institutionnelle.

Ce Plan de développement parie sur une Bogota où l’indifférence sociale n’existe pas, et qui soit engagée dans une lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Cette vision de Bogota se caractérise principalement par sa volonté d’une garantie institutionnelle et culturelle des droits des enfants et des jeunes dans la société. Cette inclusion doit commencer par la sécurité et par la souveraineté alimentaire, conditions du droit de vivre dans la dignité, dans une ville riche où le fléau de la faim et les niveaux considérables d’exclusion se traduisent par des indicateurs d’inégalité socio-économique et de délinquance très élevés. Ces chiffres sont actuellement à la baisse, grâce à la mise en application d’un programme gouvernemental, dans le cadre d’un engagement de l’État auprès des populations majoritaires, traditionnellement exclues.

Pour cela, la municipalité de Sumapaz, localité rurale de la périphérie de Bogota, procure les espaces d’organisation et de participation citoyennes nécessaires pour que ce soit la communauté elle-même qui conçoive des projets et les mette en œuvre en faveur d’une ville qui favorise l’intégration, et s’avère durable, solidaire et ouverte au monde. Il existe aujourd’hui une volonté politique, chez les responsables de la municipalité, que les décisions et budgets s’appliquent par l’intermédiaire des gestions et associations locales. Cette situation renforcera les processus de participation démocratique et contribuera à améliorer les conditions de vie matérielle et culturelle des habitants qui, historiquement, ont toujours pris soin de préserver le páramo le plus vaste du monde. L’élaboration d’une politique publique de la ruralité, qui soit ouverte à la diversité et à l’affect des paysans de la région de Bogota, permettra de garantir que la Ville conserve à ses populations rurales leur identité et les conditions d’une vie digne.

Dans cette perspective, l’équité et la durabilité de la vie sociale de chacun des habitants figurent à l’horizon de l’actuelle municipalité de Sumapaz et de celle de Bogota, en tant que capitale de la République. C’est selon cette conception que se projette aujourd’hui la ville et que s’envisagent les rapports de solidarité avec le reste de la métropole.

Mais il faut aussi envisager les défis sociaux. Cette richesse hydrologique et écologique fait l’objet de projets de lois visant à privatiser et à vendre au plus offrant ces sources essentielles de subsistance, à l’initiative de groupes sociaux locaux liés par des intérêts privés aux capitaux internationaux. Dans ce sens, nous développons, au niveau de l’administration locale, des outils conceptuels, institutionnels et politiques de conservation et de protection de l’eau et de la culture paysanne. La tendance à la mondialisation, que doivent affronter la Colombie et sa capitale, obéit à un mouvement néo-libéral de la société, de l’économie et de l’État, correspondant à la dynamique de la trans-nationalisation du capital, qui prétend dénationaliser les biens publics et le patrimoine culturel de notre nation, constitué au fil des tours et détours de notre histoire.

L’administration de Lucho Garzón, maire de Bogota, relève aujourd’hui un défi : accorder la priorité aux valeurs humaines essentielles. Elle met actuellement en œuvre des actions de contribution solidaire avec les communautés, décrites dans des programmes baptisés « Bogota sans faim », « Bogota, une grande école », et « Santé à votre foyer », entre autres. Cela démontre qu’avant de penser à des méga-projets de ciment ou d’acier, encore faut-il commencer par garantir les conditions de vie des habitants qui seront les destinataires et acteurs de ces projets. La nomination de femmes aux fonctions de maire dans les vingt arrondissements de la capitale reflète un pari sur l’intégration sociale et politique des femmes, groupe traditionnellement exclu et discriminé, tout comme les minorités sexuelles ou les Afro-Américains, entre autres.

La municipalité de Sumapaz pose les bases d’un développement durable, en matière écologique et sociale. Le programme « Bogota sans indifférence » souligne l’importance que cette métropole doit accorder, dans ses politiques et dans ses actions, à ses particularités rurales. Quant au Plan local de développement, baptisé « Sumapaz sans différences humaines et sociales », il a pour objet de développer l’intégration dans la périphérie de la capitale. L’un des objectifs de la municipalité de Sumapaz est de mettre en valeur la tradition d’organisation de ses habitants, leur capacité à résoudre leurs conflits par la voie pacifique et leur potentiel hydrologique et écologique. Il vise, notamment, à créer un espace de dialogue et de compréhension, qui renforce l’unité et l’amitié entre les habitants, afin d’améliorer leurs conditions de vie et de leur assurer une reconnaissance dans l’imaginaire urbain. Cet espace futur dont nous rêvons, c’est une Bogota urbaine où l’indifférence sera bannie, et qui saura assimiler la diversité et la richesse de sa population et de sa ruralité.

Un autre monde est possible…

…Sumapaz sans différences humaines et culturelles !

Lenka KOCHANOVA

Les banlieues slovaques présentent des similitudes avec les banlieues d’autres pays mais aussi des différences majeures, pour des raisons historiques. La ville de Petrzalka, à proximité de Bratislava, a été rattachée au Grand Bratislava en 1946. Sa population représente 25 % de celle de la capitale. L’aménagement de la banlieue a débuté dans les années 70 avec un habitat anonyme, très dense, composé de grands immeubles et laissant peu de place aux espaces verts. Petrzalka abrite touche les couches sociales de la population. C’est pourquoi le loyer en centre-ville et en banlieue ne présente pas de différence majeure, du moins jusqu’à présent.

Petrzalka, ville dortoir, est d’abord confrontée à un problème de densité et à un manque de structures de loisirs. Les problèmes de transport ne sont pas spécifiques à la banlieue. L’accès à la santé et à l’éducation est assez satisfaisant. Petrzalka est séparée de Bratislava par le Danube. La ville a choisi de construire un tramway rapide entre son centre et celui de la capitale. Le long du trajet, de nouvelles constructions, commerces et établissements culturels vont voir le jour à destination des populations tant de Petrzalka que de Bratislava. Ce développement vise notamment à répondre au manque d’identité de Petrzalka. La prostitution et la drogue menacent les jeunes de la ville. Le chômage est un autre fléau de Petrzalka. Par ailleurs, un effort en direction des maisons de retraite, des associations et centres sociaux est consenti pour assurer une meilleure prise en charge des populations les plus fragiles.

Les priorités de développement de la ville de Petrzalka sont celles de la métropole dans son ensemble. Sur la base des propositions de chaque municipalité, des projets communs (plan d’aménagement du territoire, budget), plus à même de répondre aux problèmes d’inégalités, de qualité de vie et d’accès aux services, sont lancés.

Eric FLAMAND

Comment est défini le budget ?

Lenka KOCHANOVA

Les élus des quartiers et banlieues de Bratislava sont représentés au Conseil de la ville. Les décisions sont prises en commun.

Eric FLAMAND

Ces deux exposés ont souligné la volonté de la banlieue de voir sa culture reconnue et de s’ouvrir aux villes frontalières, au passé riche.

Nous passons aux pratiques des villes françaises, en commençant par celle de Limeil-Brévannes.

Joseph ROSSIGNOL

Limeil-Brévannes est une ville de 18 000 habitants, sur un territoire de 693 hectares, située à 15 kilomètres de Paris. Limeil-Brévannes compte peu de logements sociaux (24 %) et attire de nombreux promoteurs. Pour cette raison, la ville a été amenée à envisager un urbanisme nouveau et a souhaité suivre, dans un quartier, une logique de développement durable assez poussée pour la France.

La création de logements doit s’accompagner de la construction d’équipements et la Ville a commencé par construire une école, en recourant à des techniques financières assez particulières. La Ville travaille avec le Conseil régional et l’ARENE (Agence régionale de l’énergie et de l’environnement). La première étape a consisté à informer et sensibiliser les équipes municipales, en vue d’affiner les choix stratégiques. Un certain nombre d’objectifs environnementaux ont été définis.

Sur le plan social, le projet vise à assurer une véritable mixité tant sur la place du locatif et de l’accession que sur le rapport entre habitat social et habitat privé. Outre des commerces de proximité, un cœur de quartier, comprenant différents équipements publics (Agence de mobilité, Maison verte, crèche) sera constitué. Sur le plan de l’environnement, la tranquillité du quartier sera préservée avec des ambiances d’eau et de verdure à proximité de zones d’emplois et d’un ensemble logistique, notamment l’aéroport d’Orly, qui fait l’objet de l’attention de la communauté d’agglomération. Ce quartier est également proche de zones de loisirs. La nouvelle école a été réalisée selon les normes HQE. Un animateur amènera à l’école, à pied, les enfants du futur quartier. La Ville entend en effet réduire autant que possible la place de la voiture au profit de la circulation piétonne.

La maîtrise de l’espace est l’un des points centraux du projet. Il s’agit de concilier des constructions en hauteur avec le besoin d’un rapport renforcé à la nature. L’association de l’habitat, des commerces et des activités doit permettre d’éviter la constitution d’un quartier-dortoir. La protection contre les nuisances sonores liées à la proximité d’Orly et contre les poussières liées à la zone industrielle est une autre priorité.

La limitation de la place de la voiture et de ses impacts passe par la suppression de la circulation dans certaines zones et par la mise en place d’un système de location de voitures (auto-partage, co-voiturage). Il s’agit de limiter l’usage d’une deuxième voiture et, plus généralement, de favoriser de nouveaux comportements. Le raccordement du quartier à la ville par des liaisons douces s’accompagne d’une campagne en faveur de l’utilisation des vélos.

Par ailleurs, ce projet vise à valoriser le site et la mémoire du site par l’aménagement d’espaces verts, le respect de la nappe phréatique et la prise en compte de l’impact environnemental dans les constructions. La perspective d’un traitement des eaux usées à l’intérieur d’une serre, plutôt qu’un rejet pur et simple, est à l’étude.

Il est difficile, pour une collectivité, de lancer une telle opération en garantissant son équilibre financier et en réduisant les risques. D’où le choix de travailler avec une association réunissant un ensemble de promoteurs, de bailleurs sociaux qui s’engagent à réaliser l’opération. Parallèlement à la mise en place de ce quartier « durable », nous montons le dossier de réalisation de ZAC. Des pénalités de retard sont prévues en cas de dépassement des délais dans la livraison des constructions. A terme, 800 logements sont prévus.

Eric FLAMAND

Monsieur Perreux, quelle est la politique du Conseil général du Val-de-Marne en matière de développement durable et d’animation du territoire ?

Jacques PERREUX

Le développement durable est une question nécessitant un large partage d’idées et d’expériences. Dans ce domaine, les politiques n’ont pris que récemment conscience de la gravité des enjeux alors que la communauté scientifique souligne, de façon unanime, la nécessité de changer nos comportements.

Les institutions s’appuient sur la définition du développement durable donnée par le rapport Brundtland, lequel propose de concilier le social, l’environnement et l’économie selon le postulat que le progrès permettra de résoudre automatiquement les problèmes posés et que le marché assurera la régulation des problèmes de la planète. Face à l’idée que tout peut s’acheter, y compris le droit de polluer, face aux urgences des dérèglements écologiques, nous considérons que le principe de précaution doit s’appliquer, d’autant que le marché ne s’est pas montré particulièrement compétent pour gérer le long terme et qu’il repose sur la production et l’accumulation sans fin de biens matériels. Ce mode de production, d’échange et de consommation utilise la nature bien au-delà de sa capacité de renouvellement.

Le Département du Val-de-Marne considère qu’il s’agit, avec le développement durable, d’assurer le progrès social, culturel, environnemental tout en réduisant les flux de matières, d’énergie et de déchets par une économie qui doit s’adapter à ces objectifs.

Dans ce cadre, il est souhaitable :

·      de promouvoir la décroissance de certaines activités et productions nuisibles ;

·      d’en finir avec l’incitation à une surconsommation de produits destructibles et éphémères ;

·      de mettre en cause une certaine division internationale du travail qui organise la mise en concurrence et l’exploitation des peuples et met en cause la souveraineté alimentaire des plus pauvres ;

·      de promouvoir des alternatives à la gestion à flux tendus qui privilégient la rapidité du transport routier et aérien au détriment du rail et du fluvial.

Une part importante de l’activité du Val-de-Marne dépendant du transport aérien et du pôle logistique d’Orly et Rungis, on peut s’interroger sur les conséquences :

·      d’une modification du rôle des avions qui émettent massivement des gaz à effet de serre ;

·      d’un remplacement de l’agriculture intensive distribuée à Rungis par de la bio-agriculture ;

·      d’un refus de rivaliser avec les autres mégapoles au nom de la concentration économique et du rapprochement nécessaire entre habitat et travail.

Pour autant, il y a souvent un écart entre notre ambition, notre volonté politique et notre capacité à la traduire dans les faits. Pour sortir de ces contradictions, il est nécessaire de faire évoluer les consciences et les rapports de force.

Frédéric DUFAUX

Sur ces problématiques, il ne s’agit pas d’importer les bonnes pratiques, d’aller chercher la bonne recette et de l’appliquer telle quelle mais plutôt de dialoguer et débattre. Le débat de la ville durable pose bien la question de la circulation des modèles. La ville durable ne peut se réduire à sa stricte dimension environnementale. Elle doit assurer des conditions sociales, économiques de base à ses populations et doit offrir des possibilités d’enracinement, d’appropriation.

Ainsi, les problèmes des grands ensembles ne sont pas techniques mais d’ordre social et économique. Le rapport entre centre et périphérie est très variable à l’échelle internationale et n’est pas déterminant en soi en matière de pauvreté et d’exclusion. Ce sont les coupures et aussi les fermetures dans la ville qui, avec l’étalement et la métropolisation, doivent être mis en avant comme créant des problèmes majeurs.

L’une des pistes suivie dans le monde anglo-saxon concerne le rôle de la marche à pied pour renforcer la cohérence de la ville. La pratique de la marche est en effet susceptible d’aider à remettre en cohérence la ville et à tisser des liens invisibles au sein d’un espace de clivages et de coupures. Ainsi, le projet des Terrasses de la Défense repose sur un travail sur l’axialité, en offrant une promenade urbaine entre Seine et Défense, et sur la transversalité, en favorisant les liens entre des quartiers désarticulés.

Il s’agit bien de retisser des liens par des pratiques de proximité et d’encourager à constituer un espace public continu, accessible, varié et partagé. Au-delà, chacun (habitant, passant…) est acteur de la ville qu’il pratique, reconnu comme un artiste en marche (« a walking artist ») : chacun participe au processus de construction du territoire urbain.

Philippe MAINGOT, Institut d’Etudes Européennes

S’il semble pertinent d’encourager la marche à pied, notamment parce que certains trajets sont plus courts à pied qu’en voiture, cette pratique est contradictoire avec l’étalement urbain, le développement des résidences fermées, l’éloignement entre lieux de travail et lieux d’habitat…

Madame FATIMATA KONTE DOUMBIA, maire de la commune Bamako 1

J’ai retenu que les priorités de la métropole de Bratislava sont également celles de sa périphérie. Ce point est essentiel dans la mesure où la problématique de la reconstruction de l’urbain en périphérie suppose une synergie dans la mise en œuvre des programmes d’urbanisme sectoriels.

A Bamako comme ailleurs, le centre-ville et la banlieue partagent les mêmes intérêts : les habitants de centre-ville ont souvent besoin d’aller vers la périphérie, de la même façon que les habitants de banlieue ont besoin du centre-ville et pas seulement pour des raisons économiques. Dans ce contexte, les actions à mener de part et d’autre doivent s’inscrire dans une logique de solidarité, au bénéfice de tous.

José-Luis RIVERA, Ville de Bárbera[1] del Vallès - agglomération de Barcelone

Quand nous parlons de la construction de la métropole, peut-être oublions-nous la dimension économique. Avant la mondialisation, chaque État ou nation organisait sa spécialisation. Maintenant, au contraire, nous sommes en concurrence les uns avec les autres au niveau mondial. Pourtant, ce débat n’est pas tout à fait transparent et se dirige de la métropole vers la périphérie. L’existence d’administrations métropolitaines pourrait-elle favoriser la transparence du débat ?

Madame ROSINHA, maire de Vila Franca do Xira – métropole de Lisbonne

A mon sens, il n’est pas souhaitable de distinguer la politique de développement urbain des centres-villes et la politique de développement urbain des périphéries. Cette distinction a en effet pour conséquence de renforcer la ghettoïsation des périphéries.

Aura CONTRERAS DE RIVERO, maire de la municipalité de Palavecino[2], Venezuela

Dans notre recherche d’un modèle économique et social, qui nous permette d’avancer le plus vite possible vers une nouvelle structure, j’ai été fortement interpellée par la référence à l’intégration participative, que nous essayons de développer dans notre pays, au moyen des réseaux sociaux.

Par ailleurs, je voudrais signaler que ce modèle de durabilité dépend de la spécificité de chaque pays.

Rodrigo URIBE, chroniqueur indépendant

A Bogota, plus que la présence de 10 000 sans domicile fixe, l’attention des autorités doit être portée sur les 500 000 habitants qui sont des déplacés de la guerre. Comment le maire actuel facilite-t-il leur accueil ? 

Magnolia AGUDELO

Bogota est la capitale de la Colombie. Elle compte environ 7 millions d’habitants.

Le gouvernement actuel favorise une politique d’inclusion. Le pays enregistre un taux élevé de déplacement des populations vers les grandes villes, principalement Bogota. C’est pourquoi il a été adopté d’importantes mesures en faveur de ces populations (allocations logement, accès à l’instruction, création d’espaces de travail). De ce fait, Bogota est un pôle d’attraction plus séduisant que les autres.

C’est la commune la plus riche, et donc celle qui produit les plus gros revenus.

Actuellement, nous élaborons un programme de durabilité alimentaire dans la région de Bogota, car, selon nous, c’est une condition préalable au développement.

Jean-Claude CUISINIER, Conseiller Délégué d’Aubagne

Si notre communauté d’agglomération fait référence dans le Département des Bouches-du-Rhône, c’est qu’elle a su faire en sorte que les particularités des communes du territoire créent une identité commune. Ainsi, la construction du territoire offre un prolongement des aspirations des citoyens dans leur vie communale. Alors que les frontières administratives n’ont plus beaucoup de sens, il s’agit aussi d’offrir à l’individu des solutions en termes de transport, d’éducation, etc.

Le souci de développement durable de notre communauté d’agglomération se traduit dans la politique de traitement des déchets. Alors que les collines de notre territoire partent régulièrement en feu, entraînant un appauvrissement du sol, nous avons retenu l’idée de transformer les déchets en compost pour revitaliser les sols. Ce type de démarche a été engagée en collaboration avec la population. A l’inverse, la Communauté urbaine de Marseille a choisi de brûler ses déchets à Fos-sur-mer. L’extension de notre communauté d’agglomération se heurte malheureusement au veto du préfet et aux pressions des élus locaux de la majorité.




[1] Barbera et non Barvera

[2] Palavecino et non Paravecino